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9.09.2013

C-Bo - Birds In The Kitchen (Feat. E-40)



Pour ceux qui ne connaissent pas C-Bo, faites comme si c'était le Ice Cube du nord de la Californie. Et pour mieux aborder le sujet, on va se placer dans un contexte "Death Certificate", album qui a remué un bonne partie de la population en 1991, où il la mettait sans vaseline à tout le NWA. On est désormais en 1995, "Tales From The Crypt" s'empare du Billboard rap/rnb pour se hisser jusqu'à là 4ème place. Ecouter cet album, c'est un peu comme une balade en low-rider qui tourne au cauchemar. En cette journée d'été ensoleillée sur la côte, vous partiez avec des tubes de Dre et Warren G bien ronds et bien gonflés, cap sur le nord. A mi-chemin les perturbations arrivent, mais c'est à l'approche de la bay area, avant de repiquer sur Sacramento, que vous découvrez le pire, une raw funk "Hard Core" et morbide prend le contrôle de votre radio, synthés gothiques et basslines meurtrières vous assenant sans répit. Pour resituer la chose, il s'agit d'une époque où l'indignation des rappeurs était prise au sérieux, où l'écho de leurs voix représentait une réelle menace pour les politiques, soulevant les masses de par leur seule intonation. Loin des clowns d'aujourd'hui aux démarches hasardeuses, aussi efficaces soient-ils pour faire bouger nos petits culs, C-Bo avançait glock en main, furieux, passionné, adoptant la démarche la plus honnête qui soit.


C-BO - Tales From The Crypt (AWOL Records / 1995)

5.24.2013

Strickly Roots - Brothers Die'n Every Day



Récente acquisition. Méconnu, Wreck Records est affilié à Nervous Records, label qui a la particularité d'avoir release du hip-hop et de la house en même temps (donc petit clin d'oeil à mon blog qui a pour ambition de servir saveur sur saveur dans ces deux domaines), ici Shyheim et Black Moon côtoient Frankie Knuckles et People Underground.

Back in time when hip-hop was raw as fuck!


Strickly Roots - Brothers Die'n Every Day (Wreck Records / 1995)

Godfather Don - Stuck Off The Realness



J'en parle juste en-dessous, comme je viens d'évoquer son nom faut poser un shout out obligé, un des grands des bas-fonds new-yorkais, grand respect éternel pour un homme de l'ombre qui a beaucoup apporté à la communauté hip-hop.

Rare joint!!


Godfather Don - Stuck Off The Realness EP (Hydra Entertainment / 2000)

Screwball - Screwed Up (Prod. By The Beatnuts)



Track qui réapparaît également sur le second album de Screwball, "Loyalty", paru en 2001 chez Landspeed avec des grosses prods de Godfather Don et Ayatollah, une des rares exceptions est faite avec ce "Screwed Up" produit par les Beatnuts qui s'incruste en fin de tracklist (#19). Réédition calée façon bonus track 5 ans plus tard, on ne regrette pas.

QB's finest...


Screwball - Screwed Up EP (Hydra Entertainment / 1996)

Laster - Off Balance (Ft. Ed O.G.)

 
 
"Hey yo, give me stocks like brokers
I'm killin all you chumps with the choker, the big joker
Holdin trumps while you gettin broker, so callate la boca
I like my coffee black, give me cream to make it moka"


Laster - Off Balance EP (Dark Records / 1997)

2.22.2013

O.C. - Ga 'Head



En 2013, on entend de moins en moins les rappeurs parler de leurs problèmes de cœur. Tout MC qui se respecte passerait pour une salope à cracher sa peine ouvertement et se verrait lyncher par la concurrence, ce qui n'a rien d'agréable. Certes, il nous arrive encore de croiser un ou deux homos du pseudo-RnB actuel gémir avec acharnement tout en léchant le micro, se remémorant les mésaventures de la veille avec la voisine d'en haut, "ouhh bébé j'étais à toi je t'ai tout donné et ce matin tu m'as décalculé sur le palier", bref, peu de tension dans ces propos débridés. Dans les 90's, même le plus déter du tiekson s'aventurait en terrain ennemi, même le gars ruff qui te semblait presque inhumain dans son approche de la gente féminine n'hésitait pas te faire part de son point de vue aussi misogyne qu'il soit. Sa façon de décrire ses activités quotidiennes attisait notre curiosité, et il n'y avait rien d'étonnant quand il osait se confier à son auditoire au détour d'un morceau introspectif et libérateur. On se rappellera quelques titres qui prouvent qu'à l'époque les MC's arrivaient à se livrer avec brio et sans complexe, on retiendra le "Searching" de Pete Rock & CL Smooth, "How's It Goin' Down" de DMX, "Use Me Up" de UGK (solo de Pimp C), "Me & My Bitch" de Biggie, "You Got Me" des Roots accompagnés d'Erykah Badu, "Passin' Me By" du Pharcyde, "Young Love" de Nature, "I Don't Wanna Love Again" de Big Noyd, "LOVE" de LA The Darkman ou encore "All I Need" de Method Man.
Quant à moi, j'ai opté pour le "Ga' Head" de O.C., oui je dois l'avouer, c'est presque touchant d'entendre cette forte tête du D.I.T.C. se confier de la sorte, "You stabbed my heart with a knife, I thought you was my wife, You're nuttin but stress in my life, Go 'head with yourself"...


O.C. - Word... Life (Wild Pitch Records / 1994)

11.28.2012

Sean Price - Onion Head (Ft. Tek)



Cet album c'est 4 années de record intensif à partir de 2001, il paraît en 2005 chez Duck Down l'écurie de Buckshot. Ce track n'a rien de vieux mais je vais me permettre de le catégoriser dans le topic "classic cut", sans aucun doute le fait d'armes le plus marquant de Sean P, une prod de Khrysis qui laisse sans voix, un moment pur qu'on n'a pas envie de gâter, pas même avec notre respiration, une leçon... 7 ans après, "Onion Head" est un de ces morceaux qui mettent encore une vraie giffle à chaque écoute, un de ces morceaux qui devraient être obligatoires dans toute initiation au rap, un de ces putains de morceaux qui laisseront une fêlure dans ton crâne, et l'on s'en délectera toujours autant dans 10 piges.
Ces derniers temps j'ai pas mal cramé "Monkey Barz" et je m'étonnais moi-même de ne pas avoir posté cette shit plus tôt... fuckin' timeless joint!


Sean Price - Monkey Barz (Duck Down Records / 2005)

11.14.2012

Big Pun - Tres Leches (Triboro Trilogy) (Ft. Prodigy & Inspectah Deck)



Trois grands du hip-hop sur une prod du légendaire RZA... mention spéciale pour le verse glacial de P, mon favori sur ce track.

"Remember P, the one u got ur whole style from?"


Big Pun - Capital Punishment (Terror Squad / Loud Records / 1998)

10.17.2012

Koopsta Knicca - Purple Thang



M-Town classic #2
Purple thang, gold hammers, gleamin' as I see u pass... smoked out, smoked out, smoked out, smoked out, locked out, locked out, locked out, locked out


Koopsta Knicca - Da Devil's Playground : Underground Solo (D. Evil Muzik / Recorded in 1994 / Releassed in 1999)

Kingpin Skinny Pimp - Y'all Ain't No Killa (Ft. Gangsta Blac & Lord Infamous)



M-Town classic #1
Lord Infamous straight killin' it...


Kingpin Skinny Pimp - King Of Da Playaz Ball (Prophet Entertainment / 1996)

4.18.2012

Company Flow - Krazy Kingz



En plus d'être un album emblématique de la fin des 90's, entre le traditionnel boom-bap et une approche plus expérimentale, lui conférant un caractère hybride novateur, "Funcrusher Plus" est avant tout le premier album paru chez Rawkus, pièce maîtresse d'une maison qui apportera énormément au hip-hop . L'album est produit dans sa totalité par El-P, ce dernier amène une architecture sonore sombre, parfois oppressante, et pas forcément à la portée de tous . Une fois étoffé, il s'en extrait une densité rare, dévoilant force pure et phrasé sortant du gouffre .


Company Flow - Funcrusher Plus (Rawkus / 1997)

11.14.2011

Defari - Gems (Prod. By Evidence)



Déboîtage en rêgle, plaidoyer, brûlot, apologie du hip-hop, appelez-ça comme vous voudrez mais le niveau demeure trop élevé, entre egotrip et correction, ou comment déclasser toute une caste de pseudo-rappeurs qui aura su prendre ses aises, presque 15 ans plus tard .

"I remember when hip hop was genuine
When gimmicks were limited
MCs were magnificent
Shows were omnipotent
The crowd was all feelin' it
If a kid had skills on stage yo he'd reveal it
But nowadays mad MCs need lessons in stage presence
Instead of claimin' they represent
While I enterprise, maintain, stay awake and wise
What you hear is what you get
No lies no disguise

...
That's word to Penny Hardaway
Hip hop is an arena and every show is like game day
On Sunday or Monday
Whatever day I play at a professional level
Here, in L.A.

 ...
How did this bullshit happen' !? Explain to me"


Defari - Focused Daily (Tommy Boy Music / 1998) .

11.02.2011

Mobb Deep - The Start Of Your Ending (41st Side)



Dépeindre la vie d'un borough tel le Queens en ne s'autorisant qu'un "Fuck" par verse n'est pas chose aisée . Havoc et Prodigy, chacun leur tour, viennent exposer la vie crasseuse dans leur quartier, le mythique duo montrait les crocs, effrayant presque leur interlocuteur ("Nah nah! Chill son! Chill!" en fin de morceau) . La langue offre de si belles manières de toucher l'auditeur, et nombre de mots ont plus d'impact qu'une grossière insulte, démonstration avec l'un des meilleurs sons d'introduction, pour l'un des meilleurs albums .

"Face it, violate and get laced why you wastin', Slugs? you ain't buckin' nothin', You better off buckin' yourself, you need to stop frontin'.."


Mobb Deep - The Infamous... (Zomba Records / 1995) .

7.28.2011

M.O.P. - How About Some Hardcore



Hype Williams, devenu maître en la matière, débute encore à la réalisation en 1993 pour une des première représentation de Brownsville sur le petit écran . Billy Danze joue directement aux agitateurs avec des verses mouvementés et rugueux, comme pour montrer une face des ghettos déjà bien connue et stéréotypée à son paroxysme ("I move with M.O.P.'s Last Generation, Straight up and down, act like you want a confrontation") . Lil' Fame préfére quant à lui se montrer sous un style plus calme (on n'ira pas jusqu'à dire "posé", mais plus en recul que son compagnon), il n'en oublierait pour rien au monde ce pourquoi il est au mic, et de la manière la plus perfide qui soit arrive à nous glisser quelques punchlines bien senties ("Up in your anus, I pack steel that's stainless, We came to claim this, and Lil' Fame'll make you famous") .
Cette performance est déjà un plaidoyer qui imposera un groupe dont la complémentarité à l'épreuve des balles a su garantir une carrière digne de ce nom . Là où beaucoup ont échoué, ils réussissent à cultiver le mythe du ghetto américain avec brio, dépeignant une dure réalité que personne ne souhaite et qui pourtant en a fait rêver plus d'un .


M.O.P. - To The Death (Select Records / 1994)