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10.13.2011
Canibus - Master Thesis
Alex Jones, animateur radio très controversé aux USA a dit : "Canibus is the rap worlds" , soulignant ô combien ce rappeur décrypte son monde . Canibus appartient à cette classe que l'on pourrait nommer "High IQ rap", classe qui prend tout son sens à la fin de la Golden Era, et dont l'avènement se calque sur le début des années 2000 . Il est ici question d'un homme intelligent, qui serait probablement au rap ce qu'est le Metal au Rock, ayant pour vocation de transmettre un message d'une ténacité à toute épreuve .
Grâce à une voix perçante et percutante, à l'image d'un combattant sur un ring, il délivre un engagement effronté à travers les pistes de ces albums . Un flow impeccable, des lyrics pointus, et son style ne fait pas l'unanimité ? On se rend tristement compte, après coup, que le type est lancé dans une verve lyricale sans égale, difficilement accessible aux regards des masses, et ce, malgré une exposition forte acceptable, le balançant tout droit vers la case 'Most underrated MC's" .
D'une oreille purement rapologique il est de loin l'un des meilleurs MC's qu'a pu connaître les rangs du Hip-Hop américain, malheureusement trop engagé, trop orienté sur le contenu et laissant loin derrière l'enveloppe, qui selon lui, ne doit être qu'un détail sans réelle importance . A la vue de ses covers et des instrus sur lesquelles il pose, on sent qu'il se satisfait du moindre comme pour accroître la qualité de son travail d'écriture, il est néanmoins sûr que nombre de ses prods sont dévastatrices . Il manquera à la plupart ce brun de magie, que l'on penserait évaporé, bientôt perdu, semé au gré des batailles, contraignant Canibus à affermir sa prose .
Pour exemple, "Master Thesis" est une des rares track sur son album "Mic Club : The Curriculum", paru en 2002, à nous laisser penser que Canibus est encore habité par un sursaut de tendresse, ajoutant des ingrédients plus doux dans une sauce explosive , un délice qui s'apparante à une bombe à retardement, un "one verse" détonnant .
Canibus - Mic Club : The Curriculum (Mic Club Music / 2002) .
10.07.2011
The Coup - The Stand
Do ya thang homie... donne de l'amour !
The Stepkids - Legend In My Own Mind
Trio récemment signé chez Stones Throw, ils ont déja joué pour des artistes tels que Lauryn Hill ou Alicia Keys . Ici, les styles s'entrechoquent, le jazz fusionne à la soul, influences folk 60's empiètent sur le terrain de la funk pour un rendu aux accents psychés tout en légèreté .
Un groupe à la politique communiste, chacun apportant sa touche à part égale, affirme un état d'esprit où le partage est centre de leur musique, et c'est bien là une raison d'écouter ce premier album, peut-être pas assez étoffé mais clairement orienté vers des valeurs à la pureté incisives .
The Stepkids - The Stepkids (Album in stores now) .
Mosca - Square One VIP
"I see you baby, shakin dat asssss ..." .
Square One VIP by DeejayMosca
Mosca - Square One EP (Night Slugs / NS001 / 2010)
James Blake - Enough Thunder EP
"Voilà un jeune homme qui ne se fout pas de ma gueule !" (Oui c'est bien ce que je pense) .
James Blake, l'un des rares génie créatif de la musique contemporaine, qui se plaignait il y a quelques temps de la tournure que prenait le Dubstep (à lire), nous était revenu en août en égrainant ici et là sur le net tracks après tracks, annonçant la sortie imminente d'un nouveau projet . Projet qui montre timidement le bout de son nez, et qui voit le jour sous le nom de "Enough Thunder EP" . Le maestro de la pop anglaise, de retour avec ses claviers hypnotiques, sa voix transperçante, ses rythmiques aux accents dubstep, est une fois de plus à la hauteur de nos attentes, un projet finement paramétré, d'où se dégage une haletante profondeur, et sur lequel nous pouvons retrouver un invité de marque en la personne de Bon Iver .
Et si le jeune homme, devenait homme ? A vrai dire, James Blake n'a jamais manqué de maturité artistique, mais cet EP confortera les pensées de tout inconditionnel du garçon, dans la veine de ce qu'il a produit auparavant, il s'enquiert de ce que son univers illustrera à terme, et franchement, il a de quoi être serein, ne nous donnant que le meilleur, entendez par là une musique pour un partage des émotions, sans contrefaçons, sans pièges, sans fausses notes .
Il m'était inévitable de traiter ce récent projet, de surcroît il serait vindicatif de ne pas aborder la pointilleuse et encore courte discographie du génie, sur laquelle je ne saurais trop conseiller quiconque de porter la plus grande attention .
James Blake - Enough Thunder EP (Pre-Order/Listen here)
10.04.2011
DaVinci Feat. DJ Platurn - D.R.E.A.M.
DaVinci, en transit, voyageant d'un premier album "The Day The Turf Stood Still" vers un 2nd "The MOEna Lisa" qui devrait paraître en fin d'année, nous a lâché un très bon EP avant la rentrée . Il amorce là une vision plus mature de sa musique, le projet se veut davantage homogène, l'homme a forgé son personnage . On se retrouve donc face à un artiste qui a gagné en maturité en l'espace de la moitié d'une année . DaVinci nous traîne dans des récits poignants et force est de dire qu'il s'en sort avec brio . L'impact de chaque track nous enseigne qu'il a gagné en profondeur, il touchera dorénavant l'auditeur à tous les coups, alors que ce n'était pas spécialement le cas auparavant . Sur les plans fondamentaux de la production, des lyrics et de du flow, on ressent également ce gain de maturité, d'assurance et surtout de perspectives . En digne représentant de Fillmore, Bay Area/North California qu'il est, il ramène un souffle se révélant d'une grande fraicheur dès qu'il atteint nos oreilles touchées par la chaleur anecdotique de cette fin d'été indien, oubliez les climatiseurs, écoutez DaVinci... "D.R.E.A.M. get the money!" .
DaVinci - Feast Or Famine EP (free download here) .
Mr. Muthafuckin' eXquire Feat. Despot, Das Racist, Danny Brown & El-P - The Last Huzzah!
Remix de l'original "Huzzah", sur lequel des invités forts sympathiques viennent poser . eXquire, personnage grotesque développant un Hip-Hop débridé empreint d'humour nous offre ici une lourde track sur laquelle chacun honore par sa présence cet artiste issue de l'écurie Mishka NYC (marque de vêtement ayant ouvert un département musical, à l'image de Kitsuné et autres boîtes portant la double-étiquette) . Mr. Muthafuckin' oriente son rap de la même manière que bon nombre de MC's de la nouvelle école : une musique qui a du coffre et de la consistance, des thèmes très personnels mais pas pour autant introspectifs, encore et encore cette notion d'identité musicale s'inscrivant dans la lignée d'un renouveau de la musique underground, et au-dessus de tout, cet indécent MC offre une musique sans conventions, on en oublierait presque les notions de REAL, FAKE ou encore WACK tellement il s'agit là de démontrer que des rappeurs sont encore capable de traiter un univers (ici inspiré de/mis en forme par : El-P, Necro, Cannibal Ox, Action Bronson) complexe de par ses fondements mais accessibles à tous, comme ce que devrait être toute bonne musique en soit .
Bref, coupons-court, cette mixtape c'est de l'or massif, ou de l'asphalte brut, pour écouter quelque chose d'original et bien foutu, ne cherchez pas ailleurs, ça se passe avec ce bonhomme .
Mention spéciale aux verses de Danny Brown et El-P, à écouter et réécouter .
Mr. Muthafuckin' eXquire - Lost In Translation (free download here) .
Omar S - Over You Too
Omar Smith, fantôme de la Motor City, saura mieux qu'un autre hanter nos nuits . Il captera une émotion, la transformera en une ambiance, émotion se voyant libre à la seule occasion d'une fascinante extraction de nappes sonores . Une fois que ces dernières auront décidé de lui laisser libre cours, on ressentira ce croisement entre la techno de Detroit, la Deep House, la minimal, et cela commencera gentiment à nous habiter .
Cependant, nous avons ici affaire à un projet hors normes que des oreilles non avisées auront du mal à apprécier, auquel cas il faudra laisser un laps de temps certain pour déceler la singularité et l'essence même qui se dégagent de cet album digne du travail de Popof, mêlé aux très rugueuses influences qu'apporte la touche Brick City .
Omar S - It Can Be Done But Only I Can Do It (Album in stores now) .
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