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11.09.2011
Black Milk & Danny Brown - Black & Brown (EP)
Black Milk, producteur d'un indie-rap inspiré et rappeur qui n'a cessé d'affiner sa prose, a su conserver voire même raviver une flamme à Detroit . C'est d'abord au sein du collectif BR Gunna qu'il entame sa formation de digne héritier du trône que laissera vacant feu J. Dilla . Sans être spécialement préparé à ses nouvelles fonctions il rehausse le niveau à chaque projet, élargissant son champ d'action jusqu'à collaborer avec Bishop Lamont sur "Caltroit", premier projet lui accordant une notoriété plus conséquente . Pour ma part j'ai découvert la touche du garçon sur "Reunion", track qui figure sur le "Detroit Deli" de Slum Village, venant clôturer l'album de la plus belle manière qui soit . On ressent déjà cette prenante mélancolie trouvant ses limites aux côtés des drums qui cloisonnent une possible envolée, venant rappeler à chacun une sensation brute et pesante qui planera toujours au dessus de la Motor City . Black Milk se lance dans une première traversée en solitaire avec "Tronic", puis débarque avec une seconde fournée, "Album Of The Year", qui reçoit en 2010 une excellente critique . Chaque album pèse et comprend son lot de tueries, il en impose sur un "Losing Out" en compagnie de Royce Da 5'9" et continue son bonhomme de chemin avec "Deadly Medley" sur lequel vient s'ajouter Elzhi aux deux gaillards précités . C'est néanmoins à une autre piste de ce dernier album qu'il faut accorder un intérêt particulier . On y découvre un newcommer tout à fait inhabituel sur le paysage de Detroit en la personne de Danny Brown pour une connexion folle dont résultera, à terme, ce dernier EP . "Black & Brown" est né, union intemporelle, le temps d'un son d'abord sur "Album Of The Year" .
Comment amorcer la chose avec ce Danny Brown ? Très simple, Sean Price a dit à son propos "He's the only guy with skinny jeans I shouldnt knock out", montrant tout le respect de cet ancien de Brownsville, NY . Oui aurais-je dû le rappeler, Danny Brown c'est ce type un peu spécial, qui met des pants plus slim qu'un cheap monday, s'affublant de cette coiffure hors du commun . Il a su se créer un personnage pour obtenir une image de marque, créer un buzz, c'est un peu comme si un teenager passionné de grunge avait pris le contrôle du corps d'un renoi de Detroit totalement barré . 50 Cents voulait le signer, mais il ne l'a pas fait à cause de cette fameuse dégaine, ohhh ça te dérangeait, ah bon ? A l'heure qu'il est il doit s'en mordre les doigts ahah . Pour en revenir à Danny Brown, le mec a mis tout le monde d'accord à la rentrée dernière notammant grâce à la track "Greatest Rapper Ever" qui annonçait la couleur d'entrée de jeu sur "The Hybrid", période où, visiblement, il ne prenait pas le temps de chouchouter sa folle mèche . Il réhitère la performance avec "Monopoly" (Prod. by Quelle Chris) (" The hybrid smokin' on papayas, That give you niggas bronchitis, What you write is all vagina, What I write is wall of china" ) sur "XXX", dernière tape parue chez Fool's Gold où il a récemment signé .
Bref, d'un côté nous avons l'un des producteurs les plus prolifique de Detroit, de l'autre côté un mec qui est considéré par certains comme le MC le plus chaud de la région depuis Eminem, pour une collaboration éclaire le temps d'un EP ma foi très court (un peu plus de 20 minutes) . Des samples découpés au millimètre, la brutalité qui s'échappe des beats et la texture épurée n'empêchant pas l'effervescence, on célèbre là les histoires d'une communautée et d'une ville, Black & Brown viennent nous montrer comment les choses se passent aux alentours de chez eux, il y a quelque chose de vivant en leur musique, les voix pitchées qui surgissent entre deux notes sordides, un scratch bien câlé, des titres tous aussi efficaces où chacun s'accorde un verse .
Après une écoute prolongée de cet EP certains ont dit "enfin du bon hip-hop en 2011", tenir de tels propos pourrait être apparanté à un manque de discernement vis-à-vis du travail que délivre les autres MC's, mais qu'on se le dise, les mecs ont placé la barre très haut, et maintenant on n'a qu'une envie, les voir taper le grand plongeon vers un full-length album .
“Ayo, Long awaited, Debated, But fuck it here we are brah, Here to save the game just like memory card"
Black Milk and Danny Brown - Black and Brown EP by BLACK MILK
Black Milk & Danny Brown - Black & Brown (Fat Beats Records / In Stores Now) .
11.04.2011
Pixelord - Iron & Cream (Video)
Iron and Cream (official) from pixelord on Vimeo.
Je vous avais balancé précédemment l'audio de cet "Iron & Cream", Pixelord a lâché aujourd'hui un clip en stop motion réalisé par Sam "Shmuel" Moppett, take a look .
Pixelord - Iron & Cream EP / LSR001 (Leisure System / 2011) .
11.03.2011
Nicolas Jaar - Don't Break My Love EP
Qui ne dit mot consent, je garderai le silence face à cette nouvelle pépite . Another masterpiece..
NICOLAS JAAR / Don't break my love EP by Clown & Sunset
Freddie Gibbs - Let 'Em Burn
Gary, Indiana, une ville qui ne figure pas sur la hip-hop map, une ville qui a une team NBA relativement miteuse, une ville au climat austère... Malgré ses tares, cette ville a su redresser la balance avec Freddie Gibbs, digne représentant des lieux (le seul?) . Le prolifique rappeur avait giflé l'auditoire l'an dernier avec son EP "Str8 Killa", dont le premier single engagé ("National Anthem (Fuck The World)") semblait suffisant pour le lancer à plus grande échelle . Il met le feu aux poudres cette année avec le projet fou, initié par Statik Selektah, d'enregistrer un album ("Lord Giveth, Lord Passed Away") en un jour dans son home studio de Brooklyn, le tout étant filmé en direct et diffusé via ustream sur le net (aperçu de la session, "Keep It Warm For Ya") .
Il est de retour en ce début d'hiver avec une track bien raw pour réchauffer nos oreilles, empruntant un chemin inhabituel, il spit durement sur un beat synthétique produit par The Olympics, dévastateur au possible, il crame tout sur son passage, intense!
Freddie Gibbs - Cold Day In Hell (CTE / LRG / In stores now) (Free download here) .
Teeko Ft. Dibia$e - Magical Light
DeepFuturisticWestCoastFunk, voilà comment Mellow Orange, label sous lequel sort "Light Up The Darkness", défini la musique de son artiste . DJ, Turntablist, beatmaker, compositeur, musicien, toutes ces casquettes sont représentatives de l'étendue des dégâts provoquée par le bonhomme . Un artiste qui est resté vrai face à son art, seule la forme a changé de par son ouverture à d'autres territoires sonores, désormais un brin plus "glitch", il est accompagné par Dibia$e sur ce morceau, auteur du très électronique "Machine Hate Me" en 2010 . Lorsqu'on s'intéresse de plus prêt à la carrière des deux artistes, on assimile rapidement le rendu de cette collaboration, qui ne s'éloigne pas tant que ça de ce que peut faire Teeko en solo sur cet album aérien . Une pièce soulfull à l'orchestration cosmique, on reste tout de même dans l'atmosphère (pour les amateurs d'envolées célestes, du lourd va arriver) .
Teeko - Light Up The Darkness (Mellow Orange / In stores now) .
11.02.2011
Mobb Deep - The Start Of Your Ending (41st Side)
Dépeindre la vie d'un borough tel le Queens en ne s'autorisant qu'un "Fuck" par verse n'est pas chose aisée . Havoc et Prodigy, chacun leur tour, viennent exposer la vie crasseuse dans leur quartier, le mythique duo montrait les crocs, effrayant presque leur interlocuteur ("Nah nah! Chill son! Chill!" en fin de morceau) . La langue offre de si belles manières de toucher l'auditeur, et nombre de mots ont plus d'impact qu'une grossière insulte, démonstration avec l'un des meilleurs sons d'introduction, pour l'un des meilleurs albums .
"Face it, violate and get laced why you wastin', Slugs? you ain't buckin' nothin', You better off buckin' yourself, you need to stop frontin'.."
Mobb Deep - The Infamous... (Zomba Records / 1995) .
A$AP Rocky - LiveLoveA$AP (Mixtape)

Le 31 octobre, "LiveLoveA$AP" est née !
A$AP (pour Accumulate Status And Power) est originaire de Harlem, NY, et a donc été bercé par les grands noms de ce quartier, de Big L à Kool Moe Dee, en passant par Ma$e ou encore Cam'ron . Il a néanmoins été apparenté plus récemment à Max B, mais ce dernier est en prison en ce moment, alors restons focus sur A$AP, celui qui a donné un nom à ce blog ou plutôt celui qui lâche des phases mythiques sur "Peso" ("Rollin' blunts, rollin' doobies up, smokin section, Groopies rush, holdin' boobies up, in my direction") .
Qui d'autre que lui a affolé la planète avec une première tape ("Deep Purple"), qui d'autre que lui transcende une critique unanime sans en avoir rien à foutre de personne? Hmm, laissez-moi réfléchir... pas grand monde . Bientôt quiconque se l'arrachera, certains l'ont déjà compris à l'image de ce "4 Loko" où il vient prêter main forte à Smoke DZA sur un refrain malade .
Des synthés fous, des rythmiques meurtrières, un flow incendiaire pour un enchaînement de bangers . A$AP Rocky a su taffer une recette gagnante, relatant une musique simultanément sur deux fronts, d'une part orientée vers les clubs et d'autre part représentative d'un esprit des rues d'Harlem . La petite touche qui aura donné sa consécration au garçon est sans aucun doute ce savant mélange de grosses phases screw sur des beats dont les BPM n'ont pas été ralentis, l'alchimie rayonne, personne n'aurait imaginé qu'un projet du genre tiendrait la route, mais l'auto-proclamé "Harlem'sPrettyMotherFucker" a réussi là où bon nombre ont échoué . Il se joue des codes et les codes le lui rendent bien, porter un tee "FUCK SWAG" dans le clip de "Purple Swag" était une idée de génie, (il revient là avec un "Chapter II" qui comblera les inconditionnels), bref soyez-en sûr, A$AP a su ramener une vague de fraicheur sur la big apple et cette mixture qui envoie vers des sommets risque de squatter nos encéphales encore longtemps .
Côté collaboration, on doit la majeure partie des beats à une équipe de producteurs variée, Clams Casino, qui suit le jeune rappeur harlémite depuis ses débuts, revient avec le monstrueux "Bass", en heavy rotation chez pas mal de monde, et un "Leaf" très inspiré, bien plus introspectif . The Olympicks, Ty Beats ou encore Beautiful Lou complète la liste. L'apparition qui nous laisse de marbre demeure en la personne de Soufein 3000, français basé à Lille, apportant une surprenante contribution sur "Get Lit" et "Acid Drip" . Peu d'invités figures sur la liste si ce n'est quelques éléments du crew A$AP, on notera les présences de Chace Infinite moitié de Self Scientific sur "Keep It G" et du black hippy Schoolboy Q sur un "Brand New Guy" pour une deep connexion comme on les aime .
Le type est de nouveau en studio (s'est-il arrêté même?), aperçu aux côtés d'Araab muzik (here) .
"LiveLoveA$AP", mixtape plus qu'officielle aux allures d'album, est de surcroît LA sortie à ne pas rater, word .
"I get so high, I touch the sky 'till i can't even function.."
A$AP Rocky - LiveLoveA$AP (In stores now) (Free download here)
Sir Michael Rocks - Wassup (Prod. By Cardo)
Ce flow entraînant et planant pénètre nos univers sensoriels, il emmène l'auditeur vers d'autres sphères, aucun besoin d'être high pour se laisser envouter même si cela pourrait être fortement conseillé . La prod. y est pour beaucoup, Cardo ayant réalisé un taffe très propre pour ce deuxième extrait de "Premier Politics", hmm comment dire, ça sonne un peu comme un beat Chris Brown/Tyga mais en mieux !
Le Sir toujours en pleine possession de ses moyens assure une swagitude sans faille, tout beau avec un nouveau sweat, on passe de Givenchy à Harrods, je le verrais bien avec du Paul Smith pour son prochain clip . Le gimmick aisé, Mickey livre un vrai show, le mouvement pointilleux, la punchline rigolarde ("Eye never lazy, Tracy McGrady"), l'air aguerri, le Sir s'est accoutumé aux subtilités de langage et à l'art du paraître, s'entichant d'un côté jemenfoutiste tant dans son orientation que dans ses lyrics ("I help her with her rent I know she's still in school, She got that stupid brain but baby ain't a fool"), l'air de dire "je contrôle...", l'homme a tout compris, l'homme a réussi, et pour venir couronner le tout, les rumeurs courent sur une éventuelle signature chez Jet Life (interview here), j'en connais un qui va être content si tout ça se concrétise, MOI !
Sir Michael Rocks - Premier Politics (In stores now) (Free download here) .
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