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8.23.2012
JJ Doom - Guv'Nor
JJ Doom est né de la rencontre entre MF Doom et Jneiro Jarel, le comic-rap de l'un vient s'imbriquer à merveille dans l'univers de back-packer de l'autre. D'abord un rap mâché, brutal et pesant, une expression brouillonne qui se veut recadrée au travers de belles phases sur un condensé de beats lourds aux tonalités joviales. Ensuite, une œuvre d'une régulière consistance aux influences acid-jazz et afro-brazilian explorant des atmosphères percutantes et colorées.
A l'instar d'un Primo qui quittait le Texas pour rejoindre la grosse pomme, Jarel s'éloigne de New-York pour toucher de plus prêt au rap en s'installant à Houston, dès lors, le magnétisme sudiste suggère un élan bariolé à l'esprit cadré du boom-bap, et nous en touchons l'aboutissement certain avec cet album.
JJ Doom - Key To The Kuffs (Lex Records / Out now)
7.26.2012
Colonel Red - Spaceface
Yo yo yoooo! ça fait un bail que j'suis pas passé dans le coin, j'ai un tas de choses à balancer mais tout ça attendra la rentrée avec une selecta juteuse ! Passage éclair pour poser la dernière sortie de chez Apollo, digne filière alternative de R&S orientée electronica et autres sonorités moins rentre-dedans que d'ordinaire sur le label hippique.
C'est Colonel Red qui lâche la plus belle réalisation du mois avec un clip noir et blanc slow-motioné captant l'essence des rues londoniennes façon yamakasi. A savourer au calme une fois cette insoutenable mais bien accueillie chaleur redescendue.
Colonel Red - Spacesleep EP (Apollo Records / AMB1205 / Out now)
6.20.2012
Perrion x Myth Syzer - From Paris With Love
Planning trop chargé sur les webzines et donc non publiée par la suite car trop datée, je l'avais oubliée quelque part dans mes dossiers, elle dormait entre une lettre de motivation et un dossier de presse, certes elle arrive tardivement mais je me devais de la partager, check it out!
Perrion, natif de Washington
Heights, le sourire en coin, un petit air moqueur, une voix teintée par les
rayons de son environnement, un temps rigolard, on le retrouve l’instant
d’après avec ce flow accrocheur, la voix pas tout à fait mûre mais déjà emplie
d’une expérience au parcours chargé. De la maturité il n’en manque pas, du haut
de ses 21 ans il a déjà connu les déboires d’un deal en major, cela lui
permettra, on l’espère, de garder une emprise maximale sur son univers musical et
surtout de maintenir sa tête au frigo le plus longtemps possible (combien en
a-t-on vu se brûler les ailes ?), et ce, malgré un succès proéminent.
Sa voix, il la pose à merveille, la pousse à hauteur des
monts, il crache, spit ses lignes
comme un affamé, l’air de dire que le rap a encore de beaux jours devant lui,
c’est un peu un personnage vermeil qui se présente sous un angle et arrive
quand même à te la faire à l’envers, taquin envers et contre tous. New-Yorkais,
il l’est jusque dans les os, il le clame avec fierté et ce n’est pas faute
d’avoir voyagé (il a vécu une année à Atlanta), c’est juste sa manière à lui de
déclarer une grande ferveur pour son hometown,
n’oublions pas cette notion de représentation, perdue un temps, elle refait
surface à grand pas.
« From Paris
With Love », petit clin d’œil à Paris, ville qui l’a accueillie le temps
de checker l''équipe de Poyz&Pirlz, tourner quelques vidéos, prendre des clichés sympas dans la plus belle
capitale du monde, promouvoir sa tape et
poser sa signature sur des skeuds et tees lors d’un apéro chez Qhuit. On aurait
aussi pu y trouver un « From Perry With Love », car ce jeune MC a
bien fait cela dans le but de partager ses amours et ses rancunes, ses désirs
et ses histoires cocasses.
Perrion, c’est 3 mixtapes (« Le Bourgeon », « Perception »,
« Circuit Breaker ») réalisées avant cette connexion avec le homie Myth Syzer. On l’avait vu
s’épanouir davantage en ridant la chillwave
sur son dernier projet « Circuit Breaker », tape qui aura permis au gamin de se
faire entendre dans les avenues de son Harlem
natal. Tout ça n’a que du bon et lui accorde un crédit supplémentaire, avec un
horizon d’avance. En parlant d’avance, c’est probablement l’un des rares de sa génération qui a su saisir l’opportunité
d’une collaboration longue distance, certes le net facilite les échanges, mais
il faut avoir en tête certains enjeux pour comprendre l’intérêt de ce partage
sonore entre une langue bien pendue et une tête pensante séparées par
l’Atlantique.
Le jeune Perry ne nous surprend même pas à vrai dire. En
étant un peu perspicace, on sait déjà à quoi s’attendre, néanmoins, sa force
réside dans le fait de nous conter son way
of life quotidien de gamin d’Harlem
comme il y en a tant d’autres, « Chillin’
in the Heights with the crew sippin Heinis’, Skating and eating Iceys… Yummm »,
c’est à cet instant précis que Perrion prend tout son sens, synonyme de
fraîcheur et d’énergie, cette dernière est si communicative qu’on en redemande,
vite et en quantité s’il vous plaît !
Comme il nous l’explique lui-même : « I made “Gettin’ It”, with the help of Myth
Syzer, to bring that old shit back. Bring that “you better know who the fuck I
am” feel back ».
En effet, avec la précieuse aide du jeune beatmaker parisien, Perrion peut
s’exprimer comme bon lui semble et délivrer un projet dans l’air du temps tout
en s’accaparant une vibe des plus ruff. Cette similitude des états d’esprits
et leurs âges rapprochés sont des pièces fortes dans la cohérence globale de la
tape. Lorsqu’un rappeur et son beatmaker
s’entendent, se comprennent et tissent un lien particulier autour d’un projet,
on obtient un rendu dégageant une forme d’osmose unique.
Le membre de la H.O.M.E Team (via Perrion) et du crew Bon Gamin, aime se définir tel un
« sculpteur d’univers » à ne pas confondre avec un sculpteur
d’billetsverts. On n’est donc pas si loin de certains producteurs US quant à
l’optique et l’attitude adoptées, le ton est donné, les rythmiques ne sont pas
sans nous rappeler Dilla à l’écoute
de ces kicks et drums bien saccadés, dans la déstructuration Myth Syzer trouve
son harmonie, on approche l’expérimental et l’abstract sur certaines prods tout
en gardant cette alternative qui nous envoie par moments des nappes sonores
bien spatiales. Qui dit beatmaker new
generation dit bidouillage en règle, on découvre chez Myth Syzer un esprit geek aussi vaste que son imaginaire,
ouvrant grand la porte à l’hémisphère électronique, intrusion dans la chambre
forte du hip-hop qui finira d’appuyer une thèse grandement ponctuée par un
nombre de projets grandissant, les frontières sont floues, comme gommées, et on
en remercie les instigateurs.
« Let’s get high
nigguh… ! »
Perrion x Myth Syzer - From Paris With Love (H.O.M.E. / High Off Music / Poyz&Pirlz)
6.02.2012
Joey Bada$$ - Hardknock (Ft. CJ Fly)
Joey nous offre encore un superbe extrait du TRES TRES TRES attendu "1999" accompagné d'un visuel à la hauteur du morceau, dans 10 jours la bombe explose !
Joey Bada$$ - 1999 (Pro.Era / Comin' soon)
Jam City - How We Relate to the Body (12" Mix) (Set Rip)
Jam City débarquait fin mai avec un nouveau release, son premier long format chez Night Slugs pour une sortie UK ténébreuse. Bien que la structure soit inchangée et qu'il nous délivre toujours une musique teintée d'un goût prononcé pour le high-tech, Jam City déploie une verve vindicative, plus bourrin que d'ordinaire, et ce n'est pas "Her" qui nous fera dire le contraire, néanmoins certains morceaux passent outre ce constat, "The Nite Life" par exemple, qui invite Main Attrakionz et sorti un peu plus tôt cette année (figurant en bonus dans la tracklist).
Jam City s'affranchit des conventions du milieu pour servir un projet matériellement cohérent, la matière est opaque et regorge de violence, l'auditeur décontenancé se verra surpris par la richesse des productions. Dans la sobriété et la puissance, le travail est sophistiqué et la musique mécanique, cet album qui semble manquer d'âme de prime abord véhicule finalement un message à l'esthétique marquée.
Jam City - Classical Curves (Night Slugs / NSLP002 / Out now)
Ismael Sankara - Real Africans
Ismael Sankara aka Ish a connu l'an passé tout d'abord un succès cinématographique avec T.R.O.M. Life (The Rhythm of
My Life), un documentaire-fiction d'une vingtaine de minutes tourné au Gabon sous
l’impulsion de Franck Onouviet et Marc A Tchico, avant d'envisager en 2012 la sortie d'une mixtape donnant suite à ce splendide visuel.
A travers ce court-métrage, nous rencontrons Ish, jeune rappeur américain d’origine burkinabé issu de la scène de Miami, ainsi que deux beatmakers
gabonais (MikeMef et Hokube). Prix du public à
la 7e édition de l’European Independant Film Festival, je vous invite à découvrir ces images en visionnant T.R.O.M. Life, documentaire qui met l'accent sur un rap africain en plein essor.
Evidemment, tout film possède sa soundtrack, Ismaël Sankara donne suite au projet avec un premier album du même nom qui devrait être disponible prochainement. La production de "T.R.O.M Life" est encadrée par Hokube, MikeMef et Bougard."Real Africans" est le premier extrait clipé à se mettre sous la dent, un plaisir de voir que les choses commencent à bouger sérieusement en Afrique, bassin aux multiples talents dont le potentiel est ridiculement peu exploité.
(ci-dessous présentation du docu par les principaux instigateurs)
Ismael Sankara - T.R.O.M. Life (IsmaelSankaraMusic / Comin' Soon)
Pour visionner le docu ça se passe ICI !
Real Cool - What About Our Weekend Adam?
Restons en terres suédoises avec le jeune label (4 EP's à son actif) Geography Records.
Basé à Mälmo, la label est dirigé par Oscar Villata et Adam Lundberg, deux personne pour qui la qualité prime, reléguant la quantité à d'autres plateformes, la grande distribution? très peu pour eux, on parlera plutôt ici d'une épicerie fine, et depuis 2010, celle-ci a a fait appel à Shakarchi & Stranéus, Julius Steinhoff et Esther Duijn, oui oui du beau monde.
Ce track est le premier extrait partagé par Geography pour une parution dans les jours à venir (11 juin), ça monte gentiment après deux minutes d'une intro qui posent le décor, quelques notes de piano bien senties annonciatrices d'une vibe atmosphérique s'emparent de nous, précédant des sonorités légères et l'élévation qui leur incombe.
..mapping deep sounds around the world!
Real Cool - Eighties Children EP (Geography Records / GEO 004 / comin' soon)
Hannes Netzell - Possibility Cover
Nouveau prodige de Stockholm, le jeune espoir suédois Hannes Netzell sortait son premier EP "Under Bron" fin 2011, pressé à seulement 300 exemplaires. Sa "modern house" harmonieuse et minimaliste l'amène aux portes de Sony/ATV ainsi qu'au DJ Bootcamp de Burn Studios, des points d'ancrage locaux tels que Studio Barnhus et Axel Boman lui apportent leur soutient , tandis qu'à Berlin Norman Methner se charge de lui ouvrir le circuit allemand où sa musique est chaleureusement accueillie.
Retour sur ses débuts avec cet envoutant "Possibility Cover".
Possibility Cover - Hannes Netzell by Hannes Netzell
Hannes Netzell - Under Bron EP (Junk Yard Connection / Out now)
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