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2.22.2013

O.C. - Ga 'Head



En 2013, on entend de moins en moins les rappeurs parler de leurs problèmes de cœur. Tout MC qui se respecte passerait pour une salope à cracher sa peine ouvertement et se verrait lyncher par la concurrence, ce qui n'a rien d'agréable. Certes, il nous arrive encore de croiser un ou deux homos du pseudo-RnB actuel gémir avec acharnement tout en léchant le micro, se remémorant les mésaventures de la veille avec la voisine d'en haut, "ouhh bébé j'étais à toi je t'ai tout donné et ce matin tu m'as décalculé sur le palier", bref, peu de tension dans ces propos débridés. Dans les 90's, même le plus déter du tiekson s'aventurait en terrain ennemi, même le gars ruff qui te semblait presque inhumain dans son approche de la gente féminine n'hésitait pas te faire part de son point de vue aussi misogyne qu'il soit. Sa façon de décrire ses activités quotidiennes attisait notre curiosité, et il n'y avait rien d'étonnant quand il osait se confier à son auditoire au détour d'un morceau introspectif et libérateur. On se rappellera quelques titres qui prouvent qu'à l'époque les MC's arrivaient à se livrer avec brio et sans complexe, on retiendra le "Searching" de Pete Rock & CL Smooth, "How's It Goin' Down" de DMX, "Use Me Up" de UGK (solo de Pimp C), "Me & My Bitch" de Biggie, "You Got Me" des Roots accompagnés d'Erykah Badu, "Passin' Me By" du Pharcyde, "Young Love" de Nature, "I Don't Wanna Love Again" de Big Noyd, "LOVE" de LA The Darkman ou encore "All I Need" de Method Man.
Quant à moi, j'ai opté pour le "Ga' Head" de O.C., oui je dois l'avouer, c'est presque touchant d'entendre cette forte tête du D.I.T.C. se confier de la sorte, "You stabbed my heart with a knife, I thought you was my wife, You're nuttin but stress in my life, Go 'head with yourself"...


O.C. - Word... Life (Wild Pitch Records / 1994)

2.13.2013

Julian Malone - Give A Eff


Début janvier Julian Malone nous était présenté par la maison Stones Throw (oui j'en parle beaucoup, mais que voulez-vous, tant qu'on me sert de la qualité, je prends). Leur nouveau poulain vient de Chicago et roule avec un crew nommé BRKF$T CLUB. Ayant déjà quelques tracks à son actif, ce sont surtout ses premiers pas au sein de la nation Peanut Butter Wolf qui ont mis la puce à l'oreille, avec le supa-deep "Give A Eff", sa vilaine bassline et ses premières lignes lourdes de sens. Encore peu d'infos mais cela ne saurait tarder vu l'attention croissante qui lui est portée. Aujourd'hui Julian se montrait en forme olympique avec un nouveau titre, "909", reprenant l'instru du "Bass" de A$AP Rocky. Sa première mixtape est attendue pour la première moitié de 2013, Stones Throw préférant rester flou quant à la release date.

"han han, (haaaa), hhhan, hannnn
I hit it once, then two times,
Pass it now I'm stuck, I'm too high, 
Don't give a fuck though I'm stuck in deep meditation, 
Live up how I'm something dope, 
Ducking these pests and fakers a must bro, 
They try to catch you if you look a certain way, 
Don't ever release emotion that's how heartless catch its prey"




Julian Malone - Diff.Rnt (Stones Throw / Mixtape comin' sooner or later)

1.27.2013

Big Strick - 100% Hustler (Omar S Remix)



Vendredi soir, Sonotown tapait de nouveau un partenariat avec Smallville et invitait monsieur Omar S qui nous faisait l'honneur de ramener ses miches à Paris. Fâché un temps avec notre capitale, la faute, en partie, à un journaliste (il y a de ça 3-4 ans) qui lui avait donné une mauvaise image de la mentalité ambiante sur Paris. Il a du flair et je partage clairement son avis sur la question : "That's everywhere though. People always ask me about that picture on the net with the gun sitting there while I'm writing on records. Why do people bring that shit up? Like this one asshole French interviewer yesterday asked me what kind of neighborhood I lived in. I said, "What do you mean?" He said, "Do you live in a poor neighborhood?" What the fuck kind of question is that? It seems like to me France is one of the most fucked up places I've been to so far. And he has the nerve to ask me what kind of neighborhood I come from?"
Arrivé aux platines avec un peu de retard (le live de Virgo Four ayant duré plus longtemps que prévu), AOS a lancé son mix vers 3h30 pour déborder jusqu'à presque 7h00, une performance assez exceptionnelle que cette immersion totale dans l'univers du bonhomme, plongeant la Machine dans une atmosphère embuée où j'ai vu le peuple heureux et prêt à danser jusqu'au petit matin. Ce dernier a eu le temps de caler quelques unes de ses propres galettes ("Wayne County Hill Cop's", "S.E.X.", "Set It Out") au milieu de la tonne de vinyles qui a pu tourner, réalisant-là une performance de haute volée. Certes je ne peux qu'être subjectif vu que c'est l'un de mes DJ/producteur préféré, mais c'est probablement le meilleur set auquel j'ai pu assister, so far.

Bawbawww from 3 to 6 'n da mornin' 100% Hustler in da club!!


Big Strick - 100% Hustler (FXHE Records / BIGFXHE / 2010)

Maal - The Ookie (Prod. By MΔRRI$)



Maal est un membre de la team Bear Club, il est accompagné à la prod par Morris qui a récemment signé un track chez Night Slugs (le gars monte violemment depuis 2012), ensemble ils avaient deux ans d'avances, preuve en est avec "The Ookie".
La merde est atmosphérique à souhait, le visuel colle parfaitement, la voix de Maal pose une vibe hella smooth, du chewing-gum pour tes oreilles bruhhhh.

Ewww weeeee...


Maal - Diana Frances (Bear Club / 2011 / Free download here)

Erick Arc Elliott - Hills & Valleys



"I make beats & I rhyme", voilà comment se présente le bonhomme de Brooklyn. Proche des Flatbush Zombies, et présent à la production d'une bonne partie des titres du duo ("Laker Paper", "SCOSA", "Thug Waffle", "Face-Off"...), le lien avec les Zombies n'a rien d'anodin. Etant tous originaires de Flatbush, BK, c'est tout naturellement que le rapprochement a pris forme au fil des années. Il demeure à ce jour un nom sans visage, un nom qui nous dit vaguement quelque chose quand on le voit, mais surtout un nom dont on ne sait presque rien.
Erick Arc Elliott est un producteur doublé d'un rappeur, il pourrait en faire des tonnes mais n'en rajoute pas, c'est très simplement, et même avec une certaine évidence qu'il déclare produire et rapper. Premier signe positif, le bonhomme est confiant et modeste, la candeur et la sincérité qui se dégagent de sa musique n'en font pas pour autant un nouvel arrivant naïf. Il construit son monde depuis un moment, bâtit son univers avec minutie, rappeur, song-writer de talent, mais aussi graphiste et web-designer, il cherche son inspiration partout où il peut piocher, cassant la matière brute pour y récupérer de rares minéraux et condenser le tout dans un alliage des plus fins. Fabriquant une musique organique, allant du sampling basique à la composition avec de vieux synthés, il emploie des sonorités prises à l'ambiant ou découpe une boucle sélectionnée pour l'occasion. Selon l'humeur, la texture s'approchera d'un hip-hop parfois jazzy, souvent synthétique, voire même électronique.
Son premier album paraissait en 2010, il en est aujourd'hui à son quatrième projet avec ce "Hills & Valleys", EP composé d'une introduction et de deux courts tracks qui ne forment qu'un seul et unique ensemble pour une histoire découpées en trois actes que le narrateur nous raconte d'une traite. A la première écoute on embarque pour un agréable voyage durant lequel Erick Arc Elliott démontre qu'il survole une partie du game, et on se surprend à y revenir encore et encore tandis que les aller-retours se répètent.

Kyle Hall - Down!



Kyle Hall est le fils prodigue de la motor city. Dans le game depuis 2007, c'est sur le label de Omar S, FXHE Records, qu'il sort son premier EP. Ses débuts sont plus que convaincants, une explication assez évidente peut être avancée : sa mère est chanteuse professionnelle, son père est propriétaire d'un club et son oncle est le légendaire DJ Raybone. Les conditions semblaient propices mais on ne doute pas nonplus que le petit soit gifted et précoce. Désormais patron de sa propre structure, Wild Oats Music, sur laquelle il a enchaîné nombre de projets, le jeune DJ/producteur développe sa carrière sur plusieurs axes et selon une large perspective. Fort d'une vaste palette de skills tout comme la majorité de ses aïeux, Kyle Hall ne se limite pas à produire une musique linéaire tout en calquant un schéma qui se répète à travers le temps, c'est pourquoi on le retrouve aussi bien chez Third Ear (Delano Smith, Norm Talley...) que chez Hyperdub (Burial, Kode9...). Dernièrement on a pu remarquer ses connexions avec FunkinEven ("Funkinevil") et avec Kero (l'industriel et acid "Zug Island"), toujours audacieux, on sent la prise de maturité, la vingtaine passée, Kyle devient un homme, celui qui représentera avec brio Detroit dans les décennies à venir, quand tous les anciens seront trop vieux pour faire bouger nos petits culs.
Sur ce "Down!", Kyle sample le refrain du classique "Let's Get Down" de Tony! Toni! Tone! produit par DJ Quik qui s'invite sur les deux premiers verses.
On savoure ça comme un baklawa tout huileux.


Kyle Hall - WO6K (Wild Oats Music / 2011)

1.17.2013

Prosumer & Murat Tepeli - Go Silla



Prosumer et Murat Tepeli ne sont pas les plus connus de l'écurie Ostgut Ton, mais putain de merde on peut les appeler les enfants du pays, chouchous du Berghain, adulés par un grand nombre à Berlin, leur patte nous met doux et leurs tunes nous susurrent "kiss the sky". Dans l'ombre des Ben Klock, Marcel Dettman et autres Shed, ils représentent la smooth-side du label aux côtés de partenaires de choix tels que Tama Sumo. Au Berghain, alors que les guerriers pré-cités vont envoyer du son de cochon toute la nuit et toute la journée qui suit, c'est d'abord à eux que l'on fait appel pour caler une ambiance qui montera gentiment et indéfiniment une fois les hostilités lancées.
Leur album "Serenity" est le premier LP à avoir pointé son nez chez Ostgut Ton, paru en 2008, c'est un véritable condensé entre house berlinoise type, inspiration new-yorkaise et accents acides incrustés à toutes les sauces, le résultat est surprenant, rien à jeter sur la longueur, je ne m'en suis jamais lassé au fil du temps et si vous appréciez ce morceau alors ruez-vous sur l'album, sans hésitation.


Prosumer & Murat Tepeli - Serenity (Ostgut Ton / ostgutcd04/lp01 / 2008)

Adrian Lau - Look Real High



On bouge pas de Brooklyn et on continue de taper dans le weirdo. On vient de parler d'un kid agité, c'est au tour de l'asiat de service, et je pose ce type dans les newcomers sûrs de 2013 car sous la houlette du boy Harry Fraud et bien entouré avec le collectif Surf School. Adrian Lau rap et produit à l'aise, ce "Look Real High" est un bon exemple de ce dont il est capable, dévoilant à cette occasion son univers, enfumé et hétéroclite, pour un gars open-minded venu nous parler de sa jeunesse de NY-raised. Une mixtape en attente mais encore rien à l'horizon, alors on patiente, avec le fil de bave qui pendouille.