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8.31.2012

The Underachievers - Herb Shuttles



C'est l'histoire de deux frères que l'on surnommait "les bons à rien", ah nonnn n'croyez pas que j'me lance dans un conte façon brüder Grimm et autres récits satiriques ou légendaires, c'est juste la sauce de commencer un billet de la sorte, bref, c'est donc l'histoire de deux frères qui n'avaient jamais cherché à faire quoi que ce soit de constructif dans leur putain d'existence. Perdus, sans espoir et confus à la vue des fausses réalités que la vie leur met sous les yeux, ils décident de rebondir, à cet instant précis la lumière éclaire de nouveau leur conscience, et ce nom calomnieux qu'est "The Underachievers" commence à les porter vers un succès futur. Nul doute possible, quand leur leitmotiv se réclame de la connaissance, de l'amour et de la paix intérieur (certes via l'utilisation de quelques substances plus ou moins licites), on ne leur souhaite que le meilleur.
Et nous ne sommes très certainement  pas les seuls, car avec l'émergence de la jeunesse new-yorkaise, les deux frères ont pour entourage de jeunes loups en quête de reconnaissance, d'A$AP au Pro.Era crew en passant par les Flatbush Zombies et Aaron Cohen (présents dans ce clip), leur réseau est vaste et compétent. Hormis le pretty muthafucka, ils représentent tous Brooklyn et s'affranchissent de leur aïeux pour apporter une fraîche brume tout droit sortie de leurs entrailles de consommateurs excessifs.
Sinon? eh bien c'est leur troisième clip et leur mixtape sort le 11 septembre, alors notez bien cette putain de date, les tympans vont saigner.. en attendant on clique ICI pour télécharger la track!

Free your mind, inner soul music...


The Underachievers - INDIGOI.S.M (Mixtape comin' soon)

8.28.2012

The Doppelgangaz - Whole Wide World



Les derniers dignes représentants new-yorkais d'un rap contemporain qui sent bon la golden era se nomment Matter Ov Fact et EP. Ce duo crachait leur nouveau long format en début d'été, un "Beat For Brothels Vol. 2" qui imputait leur troisième et dernier crime en date, donnant suite au premier volume ainsi qu'à "Lone Sharks", tous deux sortis un an auparavant.
Bien qu'étant dans un délire un peu sombre et mystique (avouons-le, on n'est pas forcément rassuré quand on voit deux types en robes KKK noires), ils n'en oublient pas l'essence de leur activité, endossant à plein temps le rôle de requins solitaires, perdus dans un océan de conformisme, essayant tant bien que mal de ne pas échouer sur la plage à cause d'une putain de hype-wave, composant une musique taillée sur mesure pour les bordels crasseux et malfamés, sans conditionnement donc, et préférant l'efficace assaut anonyme à la frappe mollassonne portée sur une cible bien trop large pour être correctement touchée.
Ici les tonalités ne sont pas sans nous rappeler un certain duo de QB, Mobb Deep oui oui.. le clip a été tourné durant leur passage au Hip-Hop Kemp Festival en République-Tchèque, ambiance des pays de l'est, grosse barbarie, biatch, boue, blunt et peura de parias !


The Doppelgangaz - Beat For Brothels Vol. 2 (Groggy Pack Ent. / Out now)

8.25.2012

808 Mate - Retina Dreams



Le 15ème et dernier volume en date des parutions Workshop débarquait cet été. Un numéro intéressant qui invite 808 Mate, Marcellis, Schweiz Rec et Frak pour 4 pistes relativement posées par rapport à ce qui a pu paraître précédemment, je pense notamment à la piste A1 du 12ème volet des Workshop où Kassem Mosse nous la jouait grosse tech accompagnée d'un vocal complètement nuisible à nos tympans.
Comme d'habitude la fournée est "untitled", seule cette perle aérienne et entraînante s'accompagne d'un titre évocateur, l'hymne à un endless summer que l'on souhaite tant.


VA - Workshop 15 (WORKSHOP 015 / Out now)

8.23.2012

JJ Doom - Guv'Nor



JJ Doom est né de la rencontre entre MF Doom et Jneiro Jarel, le comic-rap de l'un vient s'imbriquer à merveille dans l'univers de back-packer de l'autre. D'abord un rap mâché, brutal et pesant, une expression brouillonne qui se veut recadrée au travers de belles phases sur un condensé de beats lourds aux tonalités joviales. Ensuite, une œuvre d'une régulière consistance aux influences acid-jazz et afro-brazilian explorant des atmosphères percutantes et colorées.
A l'instar d'un Primo qui quittait le Texas pour rejoindre la grosse pomme, Jarel s'éloigne de New-York pour toucher de plus prêt au rap en s'installant à Houston, dès lors, le magnétisme sudiste suggère un élan bariolé à l'esprit cadré du boom-bap, et nous en touchons l'aboutissement certain avec cet album.


JJ Doom - Key To The Kuffs (Lex Records / Out now)

7.26.2012

Colonel Red - Spaceface



Yo yo yoooo! ça fait un bail que j'suis pas passé dans le coin, j'ai un tas de choses à balancer mais tout ça attendra la rentrée avec une selecta juteuse ! Passage éclair pour poser la dernière sortie de chez Apollo, digne filière alternative de R&S orientée electronica et autres sonorités moins rentre-dedans que d'ordinaire sur le label hippique.
C'est Colonel Red qui lâche la plus belle réalisation du mois avec un clip noir et blanc slow-motioné captant l'essence des rues londoniennes façon yamakasi. A savourer au calme une fois cette insoutenable mais bien accueillie chaleur redescendue.


Colonel Red - Spacesleep EP (Apollo Records / AMB1205 / Out now)

6.20.2012

Perrion x Myth Syzer - From Paris With Love


Planning trop chargé sur les webzines et donc non publiée par la suite car trop datée, je l'avais oubliée quelque part dans mes dossiers, elle dormait entre une lettre de motivation et un dossier de presse, certes elle arrive tardivement mais je me devais de la partager, check it out!



Perrion, natif de Washington Heights, le sourire en coin, un petit air moqueur, une voix teintée par les rayons de son environnement, un temps rigolard, on le retrouve l’instant d’après avec ce flow accrocheur, la voix pas tout à fait mûre mais déjà emplie d’une expérience au parcours chargé. De la maturité il n’en manque pas, du haut de ses 21 ans il a déjà connu les déboires d’un deal en major, cela lui permettra, on l’espère, de garder une emprise maximale sur son univers musical et surtout de maintenir sa tête au frigo le plus longtemps possible (combien en a-t-on vu se brûler les ailes ?), et ce, malgré un succès proéminent.

Sa voix, il la pose à merveille, la pousse à hauteur des monts, il crache, spit ses lignes comme un affamé, l’air de dire que le rap a encore de beaux jours devant lui, c’est un peu un personnage vermeil qui se présente sous un angle et arrive quand même à te la faire à l’envers, taquin envers et contre tous. New-Yorkais, il l’est jusque dans les os, il le clame avec fierté et ce n’est pas faute d’avoir voyagé (il a vécu une année à Atlanta), c’est juste sa manière à lui de déclarer une grande ferveur pour son hometown, n’oublions pas cette notion de représentation, perdue un temps, elle refait surface à grand pas.

 « From Paris With Love », petit clin d’œil à Paris, ville qui l’a accueillie le temps de checker l''équipe de Poyz&Pirlz, tourner quelques vidéos, prendre des clichés sympas dans la plus belle capitale du monde,  promouvoir sa tape et poser sa signature sur des skeuds et tees lors d’un apéro chez Qhuit. On aurait aussi pu y trouver un « From Perry With Love », car ce jeune MC a bien fait cela dans le but de partager ses amours et ses rancunes, ses désirs et ses histoires cocasses.

Perrion, c’est 3 mixtapes (« Le Bourgeon », « Perception », « Circuit Breaker ») réalisées avant cette connexion avec le homie Myth Syzer. On l’avait vu s’épanouir davantage en ridant la chillwave sur son dernier projet « Circuit Breaker », tape qui aura permis au gamin de se faire entendre dans les avenues de son Harlem natal. Tout ça n’a que du bon et lui accorde un crédit supplémentaire, avec un horizon d’avance. En parlant d’avance, c’est probablement l’un des rares  de sa génération qui a su saisir l’opportunité d’une collaboration longue distance, certes le net facilite les échanges, mais il faut avoir en tête certains enjeux pour comprendre l’intérêt de ce partage sonore entre une langue bien pendue et une tête pensante séparées par l’Atlantique.

Le jeune Perry ne nous surprend même pas à vrai dire. En étant un peu perspicace, on sait déjà à quoi s’attendre, néanmoins, sa force réside dans le fait de nous conter son way of life quotidien de gamin d’Harlem comme il y en a tant d’autres, « Chillin’ in the Heights with the crew sippin Heinis’, Skating and eating Iceys… Yummm », c’est à cet instant précis que Perrion prend tout son sens, synonyme de fraîcheur et d’énergie, cette dernière est si communicative qu’on en redemande, vite et en quantité s’il vous plaît !
Comme il nous l’explique lui-même : « I made “Gettin’ It”, with the help of Myth Syzer, to bring that old shit back. Bring that “you better know who the fuck I am” feel back ».

En effet, avec la précieuse aide du jeune beatmaker parisien, Perrion peut s’exprimer comme bon lui semble et délivrer un projet dans l’air du temps tout en s’accaparant une vibe des plus ruff. Cette similitude des états d’esprits et leurs âges rapprochés sont des pièces fortes dans la cohérence globale de la tape. Lorsqu’un rappeur et son beatmaker s’entendent, se comprennent et tissent un lien particulier autour d’un projet, on obtient un rendu dégageant une forme d’osmose unique.

Le membre de la H.O.M.E Team (via Perrion) et du crew Bon Gamin, aime se définir tel un « sculpteur d’univers » à ne pas confondre avec un sculpteur d’billetsverts. On n’est donc pas si loin de certains producteurs US quant à l’optique et l’attitude adoptées, le ton est donné, les rythmiques ne sont pas sans nous rappeler Dilla à l’écoute de ces kicks et drums bien saccadés, dans la déstructuration Myth Syzer trouve son harmonie, on approche l’expérimental et l’abstract sur certaines prods tout en gardant cette alternative qui nous envoie par moments des nappes sonores bien spatiales. Qui dit beatmaker new generation dit bidouillage en règle, on découvre chez Myth Syzer un esprit geek aussi vaste que son imaginaire, ouvrant grand la porte à l’hémisphère électronique, intrusion dans la chambre forte du hip-hop qui finira d’appuyer une thèse grandement ponctuée par un nombre de projets grandissant, les frontières sont floues, comme gommées, et on en remercie les instigateurs.

« Let’s get high nigguh… ! » 


Perrion x Myth Syzer - From Paris With Love (H.O.M.E. / High Off Music / Poyz&Pirlz)

6.02.2012

Joey Bada$$ - Hardknock (Ft. CJ Fly)



Joey nous offre encore un superbe extrait du TRES TRES TRES attendu "1999" accompagné d'un visuel à la hauteur du morceau, dans 10 jours la bombe explose !


Joey Bada$$ - 1999 (Pro.Era / Comin' soon)

Jam City - How We Relate to the Body (12" Mix) (Set Rip)



Jam City débarquait fin mai avec un nouveau release, son premier long format chez Night Slugs pour une sortie UK ténébreuse. Bien que la structure soit inchangée et qu'il nous délivre toujours une musique teintée d'un goût prononcé pour le high-tech, Jam City déploie une verve vindicative, plus bourrin que d'ordinaire, et ce n'est pas "Her" qui nous fera dire le contraire, néanmoins certains morceaux passent outre ce constat, "The Nite Life" par exemple, qui invite Main Attrakionz et sorti un peu plus tôt cette année (figurant en bonus dans la tracklist).
Jam City s'affranchit des conventions du milieu pour servir un projet matériellement cohérent, la matière est opaque et regorge de violence, l'auditeur décontenancé se verra surpris par la richesse des productions. Dans la sobriété et la puissance, le travail est sophistiqué et la musique mécanique, cet album qui semble manquer d'âme de prime abord véhicule finalement un message à l'esthétique marquée.


Jam City - Classical Curves (Night Slugs / NSLP002 / Out now)